De la difficulté de dépister un vieillissement cognitif pathologique à son commencement
Bien que les pertes mnésiques fassent partie du vieillissement normal, elles continuent à inquiéter le plus grand nombre et sont fréquemment rapportées aux médecins généralistes par crainte qu’elles ne témoignent d’une maladie d’Alzheimer débutante.
En effet, cette maladie est caractérisée à son commencement par des troubles de mémoire qui portent surtout sur le rappel des faits récents.Progressivement surviennent des difficultés à s’orienter dans le temps et dans l’espace, à trouver les mots adéquats, puis à réaliser certains gestes et à reconnaître des visages. Comment alors savoir si des plaintes mnésiques croissantes relèvent de la pathologie ou de l’avancée en âge ?
Jusqu’à présent, seul est possible le diagnostic probabiliste d’une « démence de type Alzheimer » que l’on pose après que le syndrome démentiel soit déclaré et par élimination de toute autre cause possible. Mais les choses évoluent grâce aux progrès réalisés dans la connaissance des mécanismes physiopathologiques.
Il est désormais envisageable de diagnostiquer la maladie d’Alzheimer par des critères positifs, et ce, bien avant le stade de démence et avec un taux de certitude supérieur à 90 %29.
Pour cela, on combine des tests de mémoire (détection de troubles de la mémoire épisodique de type temporal interne) à des données d’imagerie cérébrale (recherche d’une atrophie de l’hippocampe et des structures temporales médianes) et des marqueurs biologiques (dosage des protéines tau et du peptide amyloïde dans le liquide céphalo-rachidien).
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