Vers une éthique de l’accompagnement
Aujourd’hui les « travailleurs sur autrui » (F. Dubet, 2002) ne dirigent plus, ne suivent plus, ne conseillent plus, n’orientent plus… ils « accompagnent ».
Ils accompagnent un peu partout, à l’école, à l’université, en prison, à l’hôpital et même en entreprise. Cet engouement quasi unanime pour « l’accompagnement » pourrait nous laisser penser qu’il s’agit d’un banal effet de mode. Mais nous préférons penser, que même si effet de mode il y a, l’accompagnement, en tant que pratique sociale, et que nous définissons comme une démarche visant à aider une personne à cheminer, à se construire, à atteindre ses buts, est l’expression d’un véritable changement paradigmatique.
Étymologiquement, le terme « accompagner » nous renvoie au »pain ». Le « copain » (18ème siècle), altération de compain (11ème siècle) est celui « qui partage la même ration de pain que ». Le « compagnon » (11ème siècle) est « celui qui accompagne quelqu’un ». On trouve le terme « accompagner » dès le 12ème siècle et celui d’ »accompagnement » dès le 13ème siècle.
Si l’accompagnement nous renvoie au compagnonnage, il nous faut nous transporter près d’un millénaire av. J.C. pour en saisir la genèse. Ainsi, c’est à Salomon, fils de David, Roi d’Israël et à Hiram, Roi de Tyr, que reviendrait la création du Compagnonnage. En effet, et si l’on veut bien en croire la légende, Salomon aurait décidé d’ériger le temple de Jérusalem pour exprimer à Dieu sa gratitude pour la sagesse, la paix et la prospérité, qu’il aurait reçues de lui.
Hiram lui aurait alors fournit les matériaux et les dizaines de milliers d’ouvriers nécessaires et aurait mis en place une véritable « hiérarchie ouvrière » (B. de Castéra, 2002, p. 7). De là seraient nés le Compagnonnage et les premiers « Compagnons ».










