Quelques lectures pour approfondir sa réflexion personnelle sur le rapport au temps et améliorer sa gestion du temps.
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- Bien gérer son temps : Pour vivre mieux
de Christine Mirabel-Sarron et Nayla Chidiac (Odile Jacob). - Vivre plus lentement : Un nouvel art de vivre
de vie Pascale d’Erm (Ulmer). - Le culte de l’urgence : La société malade tu temps
de Nicole Aubert (Champs – Essais). - Accélération : Une critique sociale du temps
de Hartmut Rosa (La Découverte). - Aimer (quand même) le XXIe siècle
de Jean-Louis Servan-Schreiber (Albin Michel). - Trop vite !
Jean-Louis Servan-Schreiber (Albin Michel).
Redevenir l’acteur de sa relation aux autres par une saine action sur le temps
Qui ne connaît pas l’impression d’avoir toujours du monde autour de soi mais d’avoir pourtant le temps de ne voir personne ?
Pour se reconnecter aux autres, il faut retrouver le plaisir de relations sincères mais aussi le plaisir égoïste d’avoir, de temps en temps, rendez-vous avec soi-même.
La place croissante des nouvelles technologies a tendance à élargir considérablement notre champ relationnel : ceux que nous appelons nos d’amis «ne se comptent plus sur les doigts d’une main mais par centaines sur les réseaux sociaux.
Nous échangeons e-mails et SMS avec des dizaines de personnes par jour, et la peur de perdre notre carnet d’adresses électronique, en cas d’oubli de synchronisation, nous donne la chair de poule…
Désormais, notre relation aux autres se distingue par son caractère quantitatif.
Nous voici à la recherche d’une donnée rare: le temps que nous devrions consacrer à ces relations…
Des relations où le plaisir et l’émotion retrouveraient toute leur place.
Il est primordial de ne pas faire de confusion entre quantité et qualité.
Ce n’est pas le temps que je passe avec mes enfants qui compte mais ce que je fais de ce temps avec eux.
Réapprendre à posséder notre temps
Reprendre la maîtrise de ce temps précieux, c’est réaliser que nous avons pour nous une liberté fantastique : celle de pouvoir prendre du recul sans pour autant prendre du retard, faire preuve du discernement nécessaire pour faire le tri parmi la multitude de sollicitations et d’information qui nous provient de toutes parts.
C’est s’accorder la possibilité et le temps de se laisser surprendre et étonner.
Demeurer actif et maître de ses choix. En éveil permanent pour développer et nourrir une nouvelle forme d’intelligence, loin de toute superficialité.
Pour ce faire, certains peuvent parfois ressentir le besoin d’être guidés.
Le coaching permet d’emmener l’individu vers plus de plaisir et vers un égoïsme sain.
Aider celui-ci à lâcher la pression de l’urgence et redevenir acteur de sa propre existence.
Réapprendre à affirmer ses choix, à dire non et à assumer ses propres limites, sans culpabilité
81 % des internautes estiment que les nouvelles technologies sont indispensables pour gagner du temps.
Au cours de leurs périodes de connexion, le niveau d’activité rendu possible n’implique par pour autant une multi-activité.
Les sondés déclarent essentiellement enchaîner les activités (32% de mono activité séquencée) plutôt que de réaliser plusieurs choses à la fois (23% de leurs activités).
Un environnement adapté à notre nouvelle façon de travailler
Au siège Odyssey du groupe Accor, la DRH développe actuellement un paysage de travail plus ergonomique, favorisant les rencontres et l’interconnexion ou l’isolement, selon les besoins.
Antoine Van der Plassche, DRH en charge des projets spéciaux
« Plus nombreux dans les locaux, nos salariés attendaient une nouvelle flexibilité de l’espace, plus en accord avec leurs façons de travailler:
- en groupe,
- en réseau,
- individuellement
- en mode projet.
Nous avons créé des zones d’isolement et des espaces lounge facilitant les appels confidentiels ou les communications personnelles, des espaces dédiés aux réunions et des lieux modulables propices à l’échange et à la convivialité.
Le mobilier le plus emblématique de cette évolution est sans aucun doute la Toguna.
Testé durant plusieurs mois, ce cylindre rond et entrouvert, indépendant et acoustiquement protégé, forme un espace propice:
- aux brainstormings,
- aux petites réunions
- aux entretiens exigeant une grande concentration. »
Laètitia Samuel, responsable de boutique Orange à Roman
« Pas de réunion après 18 heures, pas d’e-mail en dehors des horaires de travail, un meilleur partage de l’info… Lancé il y a un peu plus d’un an au sein de la direction Orange Sud-Est, le projet O’zone suscite une adhésion forte et a des répercussions positives tant pour les collaborateurs que pour les managers. »
Dilemme des usages Pros et Perso
Jusqu’alors plutôt passif, le collaborateur s’impose progressivement comme un acteur à part entière dans le choix des solutions de communication de l’entreprise.
Il y invite ses terminaux, y utilise ses propres applications et y amène de nouveaux usages.
Selon la société Amdocs, ce sont 73% des entreprises qui sont confrontées au phénomène «Bring Your Own Device» (traduction « apportez votre propre appareil ») et à une demande croissante de leurs collaborateurs, génération Yen tête, d’utiliser leurs propres appareils électroniques.
A la recherche du juste équilibre entre cadre professionnel et vie personnelle, ceci n’est pas sans impact sur les usages de communication et contribue à une intégration croissante des deux sphères.
À la fois nomade et sédentaire, l’individu en entreprise développe de nouveaux réflexes dans son quotidien professionnel et devient davantage acteur de la gestion de son temps.
Il exprime le besoin d’être constamment connecté à son entourage, où qu’il soif, pour des raisons professionnelles ou personnelles.
C’est le cas de 58,1 % de professionnels, contre 44,1 % préférant dédier des créneaux spécifiques pour communiquer avec autrui.
Les professionnels ont également des horaires de travail qui se fragmentent, 79,4% d’entre eux affirmant rester en contact, occasionnellement ou en permanence, avec leur travail en dehors des heures ouvrées.
Apprivoiser sa journée et mieux gérer son temps dans sa journée de travail
Les usages numériques nous permettent de travailler plus vite et plus efficacement.
Un constat qui nous pousse à nous interroger sur l’impact de cette productivité accrue dans notre gestion du temps.
Les technologies accroissent considérablement notre productivité.
Les internautes estiment ainsi à 30% le volume d’activité réalisé en plus lorsqu’ils sont connectés ».
Or, nous ne consacrons pas ce temps gagné à approfondir notre activité principale mais à multiplier les activités que nous traitons de façon plus rapide et, par voie de conséquence.
Gestion du temps : surcharge cognitive et hyper-sollicitation
Les enseignements tirés des enquêtes sur le travail en entreprise pointent du doigt le sentiment de dispersion et d’interruption vécu par les salariés.
Les nouvelles technologies ne cessent de nous solliciter pour nous emmener vers autre chose.
Chaque nouvelle sollicitation (e-mail, SMS, appel) crée une obligation qui vient perturber le déroulement serein de la tâche en cours. Un cadre est couramment interrompu 70 à 80 fois par jour et ne s’en rend même pas compte, » précise Jean-Louis Servan Schreiber dans Plus Vite! « L’impression de ne jamais être pleinement engagé dans son activité prive le collaborateur de ce sentiment de satisfaction qui accompagne le travail bien fait «, ajoute Dominique Cardon, sociologue au Laboratoire des usages, Orange Labs.
Des conclusions qui conduisent aujourd’hui les entreprises à repenser leurs espaces de travail et à les concevoir plus en adéquation avec les véritables rythmes de travail.
Gestion du temps : une « netiquette » pour un meilleur respect de l’autre
«il est très important de ne pas laisser les individus tout seuls, avec leur culpabilité, devant un sentiment de débordement, il s’agit d’un processus collectif dont chacun se sent responsable à titre individuel en ayant l’impression de ne pas savoir gérer son temps, s’organiser ou se concentrer «, explique Dominique Cardon. Dans l’entreprise, la gestion du temps n’est donc pas une question personnelle, mais bien une affaire collective.
La réflexion autour d’une» netiquette «apparaît comme une piste prometteuse.
Ces principes non directifs, sur lesquels le groupe s’accorde en fonction de ses rythmes et de ses typologies propres, permettent d’instaurer des règles de bonne conduite individuelle ou commune, de légitimer des plages de déconnexion, de différer certaines réponses ou certains travaux mais aussi d’établir des priorités entre les tâches essentielles et le reste.
Choisir le bon tempo pour vivre dans son temps
Nous expérimentons aujourd’hui une mutation radicale de notre rapport au temps.
L’urgence, l’immédiateté et l’instantanéité rythment l’ensemble des facettes de notre vie.
En contribuant à compresser celle-ci, elles font de nous des femmes et des hommes en « temps réel » qui fonctionnent le plus souvent par confort ou par réflexe, à flux tendu.
La vitesse semble aujourd’hui aller de soi et avoir trouvé une place de choix dans notre société.
L’urgence se vit comme un tempo permanent. «Ce qui n’est pas urgent risque l’oubli », annonce Jean-Louis Servan-Schreiber dans Plus vite! Conditionnés, nous avons appris à nous épanouir dans un «court-termisme centré sur des satisfactions immédiates et souvent éphémères.
Si le long terme inquiète, nous évitons alors de nous y projeter, estimant bien plus confortable de vivre au jour le jour, occupés et nourris par la multitude d’informations qu’il nous faut administrer au quotidien.
Notre mode de consommation est passé d’une logique patrimoniale à une logique d’usage.
La priorité ne semble plus de transmettre mais d’avoir la certitude d’avoir vécu et consommé toujours plus et toujours plus vite en ayant profité du maximum de possibilités offertes, au risque de s’étourdir parfois.
« Entre urgence et désir, entre vide et trop-plein, l’individu contemporain recherche dans l’intensité de la vie une immédiate éternité. » Nicole Aubert, sociologue, psychologue et auteur
Les nouvelles technologies, si elles participent à ce sentiment d’un temps qui s’accélère, doivent aussi nous permettre de rester maîtres de notre temps.
Urgence ou pas, nous avons aujourd’hui la liberté de moduler nos usages pour en puiser le meilleur: une productivité supérieure, de nouveaux liens, un plus grand apport d’information… et d’infinies possibilités qu’il revient à chacun de configurer individuellement.
Plus de 1.7 million de français, c’est l’estimation du nombre de nouveaux «déconnectés » ,soit 3,4% de la population française.
Source: étude Havas Media – septembre 2012 Les déconnectés du temps
Fast ou slow, se déconnecter du temps pour être plus riche : à chacun d’ajuster ses rythmes!
L’éloge de la lenteur gagne du terrain et de plus en plus d’adeptes.
- Slow food,
- slow sex,
- slow cosmetic,
- slow cities…
Un élan vers le ralentissement que Gilles Finchelstein décrit comme étant « la tentative pour intégrer du slow time dans le fast time ». À l’heure des clips, des spots et autres zappings, certains choisissent de vivre des expériences de déconnexion ou des périodes où l’on communique autrement.
Un exemple: le « Shabbath Button », vécu comme la pause digitale du week-end.
Sur le modèle de la tradition juive, il consiste à cesser toute activité liée au multimédia à partir de 18 heures le vendredi, et ce, durant tout le week-end, un usage qui s déjà séduit bon nombre d’internautes, aux États-Unis notamment.
Citation pour définir le Temps :
« Si on est conscient du côté irremplaçable de chaque journée, alors il devient précieux de l’utiliser de la manière la plus importante, efficace ou agréable possible. »
Jean-Louis Servan-Schreiber
Définition Temps [n.m.]:
Durée considérée comme une quantité mesurable dans laquelle se succèdent les évènements.
- Le temps qui passe.
- Prendre son temps.
- Avoir du temps.
- Perdre son temps.
- Laisser filer le temps.
- Employer son temps à…
- Offrir de son temps.
- Économiser son temps.
- Être dans les temps.
- Bien employer son temps.
- Être avare de son temps.
- Faire plusieurs choses en même temps.
- Prendre du bon temps…
« La vitesse n’est pas seulement une nécessité mais une opportunité; ce n’est pas une contrainte mais une chance. » Gilles Finchelsten
Intellectuel et auteur de La Dictature de l’urgence (Fayard, 2011)
Pourquoi est-il important de s’interroger sur ce sentiment d’urgence croissant?
L’Homme a vécu des millénaires avec un rapport au temps très lent. Notre ère contemporaine se distingue par une mutation fondamentale de ce rapport. Celle-ci affecte nos vies personnelle, professionnelle et publique et constitue l’une des pathologies de notre société.
Cette urgence qui constitue l’empreinte de notre civilisation peut aussi être perçue comme positive…
En effet Le souci permanent du présent est la marque de l’individualisme contemporain, de cette société où chacun veut, comme l’affirme Alain Ehrenberg, être l’entrepreneur de sa propre vie. Après des siècles où il pouvait sembler légitime de faire le sacrifice de sa propre vie, le fait que chacun cherche à vivre son existence ici et maintenant est tout à fait positif. Au-delà de cette dimension philosophique, les origines de cette urgence – la révolution numérique et la mondialisation – sont aussi, et surtout, pour la première, une formidable source de connaissance alors que la seconde a permis à des centaines de millions de personnes de sortir de la pauvreté.
Vous suggérez enfin des pistes de solutions pour remédier aux excès de vitesse et aux excès de présent: « jouer sur le rythme du temps » ou, mieux encore mais plus ambitieux, « redonner du sens au temps »…
Il y a deux façons d’appréhender le temps. La première consiste à jouer sur son rythme en s’attaquant au culte de la vitesse. Beaucoup de décisions seraient en effet prises bien plus efficacement si l’on s’accordait les espaces de décélération propices à une réflexion productive. La seconde, essentielle, est de redonner de la profondeur au temps en projetant nos vies et nos sociétés sur des temps plus longs. L’une des problématiques de cette dictature de l’urgence est en effet d’être source de tension et d’angoisse du fait de notre incapacité à nous projeter tant individuellement que collectivement.












